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CHEMINEMENT

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Qu’approchons-nous d’une époque, d’une civilisation dans ce qu’on lit d’elle à travers ce qui se manifeste dans la nature en réponse aux actes humains ?


Qu’approchons-nous de ce que nous faisons dans ce que nous disons !?

Acquérir le pressentiment de ce qui agit entre les choses, tenter de témoigner.


Un peintre ne reproduit pas une pierre, un paysage, un arbre, le vent, l’eau, la terre, le feu, des animaux ou bien encore un corps, un visage. Il trace les chemins qui peuvent nous permettre de nous en approcher, voire de les rencontrer comme présence et comme singularité. Tous les arbres, tous les jours, tous les visages, toutes les époques ne se ressemblent pas !


Quelque chose s’ébauche, sans cesse, mais il ne s’agit pas d’entendre l’ébauche en temps qu’esquisse, que premier développement d’une forme, d’une relation ou d’une histoire. Il faut entendre l’ébauche en tant que mémoire s’avançant dans l’inachèvement d’un souvenir.


Aller à la rencontre d’une écoute, dénudé de tout a priori du sens et de faux semblant. L’imagination n’est pas un lieu d’évasion, c’est une vision, un regard qui peut voir et comprendre ce qui se manifeste dans des actes et ce qu’ils nomment.
L’imagination ne peut être séparée de l’incarnation d’un chant, d’un cri, d’un geste, d’un agir, d’une parole. Elle est une responsabilité tissée dans un rapport entre soi, l’autre et le monde.

 

Pour s’approcher de ce regard, il faut se tenir éloigné des humeurs psychologiques, pulsions sentimentalistes, jeux de manipulations dialectiques et cynisme. Faire taire les préjugés, pour qu’un pressentiment puisse entrer. Se défaire de tout ressentir apprivoisé dans notre vie intime, recouvrer de l’instinct, cette faculté où tous nos sens (organes du discernement et du jugement) sont aux aguets.

Il y a une conscience à franchir, une conscience où s’inscrire si l’on cherche à approcher l’âme des choses, le vécu des choses, leurs paroles propres.
Notre dépendance au monde implique qu’il y a une attention, une écoute, une relation, une parole prononcée, un agir impliqué, une responsabilité renouvelée...

 

Le corps est une empreinte changeante où de la pensée et des sentiments se gravent dans la matière au fil du temps. Le temps est une empreinte changeante où une réflexion et des actes sont venus modeler la matière. Emprunt fait à la matière et empreinte dans la matière, une forme devient signes, écriture, manifestation d’une présence, voyance d’une pensée, révélation d’une responsabilité.

 

Le don qui se transmet dans une parole, c’est des sens, des directions, des positions traversés et imprégnés d’un vécu.
Les sens, les couleurs, les formes réagissent à l’être qui les approche, qui les touche. Œuvrer avec ce que le monde a éprouvé et là où le monde s’est éprouvé.

L’art tient de cette responsabilité là, portée jusqu’à l’autre, jusqu’à nos mains, jusqu’à nos yeux, jusqu’au cœur de l’humain. Voilà le véritable sens du don, artistique.

 

Présence de la responsabilité... Le stade de l’ébauche est dépassé.


A cet endroit, l’individu est responsable au commencement !


Voilà pour ce qui concerne ma biographie. L'ensemble de mon travail en peinture et sculpture est celui d'un autodidacte.

Yvan Chatelain est né en 1964 à Paris.

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